Comment éviter l'impact d'un décès prématuré ?

bbm_gettyimages-736491395.jpg

Nous ne serons pas tous centenaires. Autant donc partir du principe que la mort fait partie intégrante de la vie. C'est pourquoi il est judicieux de réfléchir à temps à la protection financière de vos proches et de votre entreprise. La souscription d'une assurance décès, par exemple, peut dans tous les cas leur éviter une catastrophe financière.

Pas immortel

Si le concept du vieillissement croissant de la population nous est familier, tout le monde ne sait pas que, dans l'hypothèse d'une mortalité constante, 10 % des Belges n'atteignent jamais l'âge de la retraite. Les chiffres de 2017 démontrent en effet que 16 202 Belges sont décédés à un âge compris entre 20 et 64 ans. Il n’est donc pas si surprenant d’avoir dans notre entourage plusieurs connaissances (membres de la famille, amis, voisins, collègues, etc.) ayant perdu la vie avant 65 ans.

Impact du décès sur la famille/l’entreprise

Ces chiffres donnent matière à réflexion. En effet, la disparition d'un chef de famille réduit considérablement le revenu du ménage, alors qu'un certain nombre d'obligations financières continuent à courir. Avec parfois de lourdes conséquences sur le budget du ménage. Dans votre assurance solde restant dû, vérifiez si vous et votre conjoint êtes bien assurés à 100 % : en cas de décès de l'un d’entre vous, le prêt hypothécaire sera alors intégralement réglé. Espérons-le, car tous les frais fixes (chauffage, électricité, eau, RC et toutes les autres assurances) restent dus. Sans compter le crédit en cours pour la voiture et les frais d'études des enfants… Il est donc bon de vous demander si vos proches pourront maintenir le même niveau de vie lorsque vous ne serez plus là. En faisant cet exercice à l'avance, vous saurez au moins ce qui les attend.

Une solution pour tous

Consultez votre expert en assurances, renseignez-vous auprès d'un professionnel et vérifiez de quelles assurances vous disposez déjà. Certaines personnes ignorent, par exemple, qu’une « assurance vie » est le terme générique pour les assurances liées à l’existence ou au décès d’une personne assurée. Nous considérons souvent l’assurance solde restant dû comme une évidence, mais ne jugeons pas indispensable une couverture décès qui garantit le niveau de vie de notre famille. Un tel raisonnement manque de logique. En effet, à une époque où nous assurons notre voiture, nos meubles, notre smartphone, etc., nous ne pensons en réalité pas à assurer notre propre vie, permettant ainsi à nos proches de poursuivre une existence paisible une fois que nous ne serons plus là.

Supposons que vous louiez une maison en couple et que vous vous retrouviez seul(e). Tous les frais liés au loyer vous incombent alors. Une assurance décès vous serait très utile et vous éviterait bien des tracas. Il en va de même si votre partenaire qui travaille à domicile venait soudain à disparaître : en tant que conjoint survivant, vous devriez assumer des dépenses supplémentaires, telles que la crèche, etc. Si vous êtes divorcé(e) dans le cadre d’un régime de pension alimentaire, l'assurance décès pour les deux conjoints peut garantir la pension alimentaire et, éventuellement, les frais d’études de vos enfants. Ainsi, des grands-parents désireux de favoriser plutôt leurs petits-enfants que leurs enfants peuvent, par exemple, financer leurs études au moyen d'une assurance décès.

Succession

L'assurance décès est en outre utile pour régler la facture élevée des droits de succession. Ces droits grimpent encore jusqu’à 80 % en Wallonie et à Bruxelles dans la tranche supérieure et 55 % en Flandre. Gardez à l'esprit que les cohabitants légaux héritent uniquement de l'usufruit de l’habitation et de son contenu, tandis que les cohabitants de fait n'héritent de rien du tout. Une assurance décès vous permet cependant de céder des biens mobiliers au conjoint survivant. Les beaux-enfants de familles recomposées n'héritent de rien ; pour eux aussi, l'assurance décès apporte une solution.

Protection temporaire

Il existe deux types d'assurances décès temporaires – compatibles – prévoyant le versement d’un capital par l'assureur en cas de décès avant une date donnée. La première est l'assurance décès (branche 21) à capital constant. Certains assureurs proposent deux formules : le versement du capital convenu en cas de décès avant la date de fin du contrat au bénéficiaire choisi (sur une seule tête) ; et l'assurance sur deux têtes, le capital étant alloué au conjoint survivant. En outre, il existe une assurance décès temporaire dite « à capital décroissant », dont le capital décès diminue progressivement au fil du contrat. L’assurance solde restant dû, souvent utilisée pour couvrir un prêt hypothécaire, en est un exemple.

Protection tout au long de la vie

Si vous souscrivez une assurance décès à capital constant, l'assureur vous versera le capital prévu dans la police au moment du décès, si ce dernier se produit au cours de la période assurée. Cette assurance constitue un bon complément, par exemple, à une assurance groupe auprès d'un employeur. Cette dernière est en effet souvent insuffisante pour garantir le niveau de vie de votre famille en cas de décès prématuré. Il est conseillé de demander à votre employeur à combien s'élève réellement la couverture de votre assurance groupe.

Lors de la souscription d'une assurance décès, vous déterminez vous-même le capital à assurer, ainsi que la durée de votre couverture et les bénéficiaires en fonction de votre situation familiale spécifique. Les primes varient selon le montant à assurer et la durée du contrat. Elles sont déductibles fiscalement à certaines conditions. En outre, il existe l'option d'un capital supplémentaire en cas de décès des suites d’un accident et certains assureurs vous font bénéficier d'une réduction en tant que donneur d'organe. Une alternative à l'assurance décès est une assurance décès complémentaire dans le cadre d'une assurance pension.

Indépendants

Si vous êtes gérant, il est certainement nécessaire de réfléchir à temps à l'impact à court terme comme à long terme d’un décès inattendu. Par exemple, si vous avez créé votre propre PME ou êtes indépendant, les retombées sur votre entreprise sont conséquentes. En effet, vous vous êtes engagé(e) dans certains projets et avez signé des contrats. Il peut être opportun de vous demander à l'avance qui sera responsable en cas de non-respect de vos obligations et quel en sera l’impact sur vos proches.

Il est en effet important en tant qu'indépendant de garantir la continuité financière de votre entreprise. Un bon moyen pour ce faire est une assurance décès couvrant les frais fixes et pouvant être incluse dans l’EIP ou la PCLI. L’entreprise souscrivant cette assurance vie au nom du gérant couvre ses arrières en cas de décès prématuré. Les primes sont déductibles fiscalement et payées par la société, qui reste le bénéficiaire d’éventuelles indemnités. Veillez à une couverture suffisante, déduction faite des impôts sur le montant versé.

Des options supplémentaires sont le paiement d'un montant fixe en cas de décès des suites d’un accident ou un paiement lié ou non au remboursement d'un prêt (crédit de caisse, prêt hypothécaire, etc.).

Associés

Si vous avez une société, gardez à l’esprit qu’en cas de décès d'un associé, les personnes qui héritent de ses parts ne partagent peut-être pas la même vision de la société. Par conséquent, signez devant notaire une convention d'actionnaires stipulant que les associés ont un droit de préemption sur les parts de l'associé défunt. Laissez également chaque associé souscrire sur la tête des autres associés une assurance décès dans laquelle il agit lui-même en qualité de bénéficiaire. De cette façon, les associés peuvent acheter les parts libérées avec le capital assuré, garantissant ainsi la continuité de la société.

Conseil en or

En fonction de votre situation, il existe donc des moyens d’éviter à vos proches une catastrophe financière. Renseignez-vous dès lors à l'avance, mais surtout, prenez bien soin de vous et menez une vie saine : vous réduirez ainsi les risques de décès prématuré.


Pour en savoir plus sur les couvertures décès, demandez conseil à votre expert en assurances.