Une page de ma vie : l’entrepreneuriat. Commencer une jeune start-up… en couple !

Kohezie

Kohezie

Entreprendre en lançant une jeune start-up… en couple.

Eline Van Houtte (38 ans) et Christophe Garnier (42 ans) travaillent aujourd’hui en tant que sales consultants. Bientôt, pourtant, ils consacreront l’ensemble de leur savoir et de leur expérience à un tout nouveau projet, Kohezie, un espace de coworking à Gand qui voit les choses un peu différemment (entendez : plus amicalement). Ainsi, à partir d’avril 2020, vous trouverez chez Kohezie un flex desk entouré de plantes, une petite salle de réunion à l’esprit familial ou une présentation de produit pleine d’ambiance. Mais ce n’est pas tout : vous pourrez également profiter d’une petite pause entre collègues pour essayer l’une des escape rooms disponibles. « Chez Kohezie, vous ne partagez pas uniquement un bureau, une imprimante ou une cafétéria, vous êtes également invités à participer à nos Speakers’ corner qui auront lieu chaque mois, et où l’on s’attellera à trouver, ensemble, une solution à vos problèmes professionnels. »

 

AUJOURD’HUI

Comment décrieriez-vous votre futur « bébé » Kohezie ?

Eline (38) : « Le nom parle déjà un peu de lui-même. Kohezie veut rassembler des gens dans un espace de coworking agréable et ouvert, où ils pourront partager leurs connaissances et s’aider mutuellement à grandir. Cet espace s’adressera tant aux entreprises B2C (Business to Consumer) qu’aux B2B (Business to Business). Dans notre formule de coworking cependant, les activités en dehors du travail, comme un séminaire ou même une escape room, sont particulièrement importantes. Nous voulons en effet promouvoir les interactions, car nous croyons davantage au "vivre ensemble", et par extension au "travailler ensemble", qu’aux simples contacts isolés. »

Vous proposez aussi bien du business que de l’entertainment, ce ne sont donc pas deux mondes à part selon vous ?

Christophe (42) : « Ce sont deux mondes à part, mais ils sont liés. De nos jours, les familles, les groupes d’amis ou de collègues… veulent faire plus d’activités, partager des expériences et atteindre des objectifs ensemble. Simplement parce que ce sont toujours de nouvelles et de chouettes expériences. Dans un environnement de travail, c’est tout à fait pareil : là aussi, on organise régulièrement des activités pour que les équipes puissent mieux travailler ensemble et deviennent ainsi plus fortes. »

En quoi votre projet de coworking sera-t-il différent des autres ?

Eline : « On aimerait se différencier des autres, bien sûr. Le fil rouge de notre projet est d’offrir un sentiment de "chez soi". Comparez-le à votre bureau à la maison, un endroit familier. Une pièce presque vide, grisâtre et impersonnelle ne vous viendrait pas à l’esprit. Nous créons un endroit accessible à tout le monde, dans le but de toucher un public aussi large que possible. Les gens se sentiront directement à la maison chez nous, grâce aux très nombreux échanges informels qui stimuleront l’interaction. Nous mettons également tout en œuvre pour amener un peu d’extérieur à l’intérieur. »

Christophe : « Nos deux jardins intérieurs seront une véritable source verte d’oxygène et de lumière naturelle. L’idée est de nous mêler tous les deux aux autres, afin de pouvoir les conseiller et même de partager notre expérience en vente. Toujours dans une ambiance amicale et bon enfant. Nous voulons aussi organiser, tous les mois, un Speakers’ corner lors duquel les nouveaux arrivants pourront se présenter, présenter leur projet, ou parler d’éventuelles difficultés professionnelles rencontrées. L’esprit de Kohezie, ce n’est pas de partager uniquement un bureau, une imprimante ou une cafétéria, mais de pouvoir également parler sans crainte de difficultés liées au travail. De cette façon, nous pouvons trouver des solutions ensemble. »

 

PROCHAINEMENT

Il arrive que des gens de notre âge soient pris de panique, sans savoir comment envisager la suite. Pour nous, c’était plutôt : "Génial, à partir de maintenant tout est possible !”

 

Vous êtes à présent âgés de 38 et 42 ans et avez deux petites filles. L’âge a-t-il participé à la décision de lancer un espace de coworking ? Une réflexion du style : c’est maintenant ou jamais, après ce sera « trop tard » ?

Christophe : « Dans notre secteur, il y a très peu de personnes au-dessus des 50 ans encore "sur le marché". Soit elles quittent l’entreprise, soit elles deviennent coachs par exemple. Nous voulions nous y préparer, et c’est de là qu’est partie cette idée de coworking. Il arrive que des gens de notre âge soient pris de panique, sans savoir comment envisager la suite. Pour nous, c’était plutôt : "Génial, à partir de maintenant tout est possible !” À cet égard, j’aime me référer à la chanson Everybody’s free (to wear sunscreen) de Baz Luhrmann : "Don’t feel guilty if you don’t know what you want to do with your life. The most interesting people I know didn’t know at 22 what they wanted to do with their lives, some of the most interesting 40 year olds I know still don’t (traduction libre : Ne vous sentez pas coupable si vous ne savez pas quoi faire de votre vie. Les personnes les plus intéressantes que je connaisse ne le savaient pas à 22 ans, et certains ne le savent toujours pas à 40)". »

Eline : « L’âge joue un rôle, en quelque sorte. On n’aurait jamais lancé ce projet il y a 10 ans. Mais aujourd’hui, nous possédons l’expérience professionnelle et personnelle suffisante. »

Comment commence-t-on à planifier une activité de coworking ? Avez-vous pu compter sur une aide et/ou des conseils extérieurs ?

Eline : « Nous avons d’abord essayé seuls, en esquissant et dessinant les plans nous-mêmes : intérieur de l’immeuble, salles de réunion, escape rooms… Mais nous avons rapidement fait appel au bureau Het Kantoor van Morgen (un bureau d’architecte basé à Melle et spécialisé dans l’aménagement de bureaux) qui nous apporté de nombreuses nouvelles inspirations et grâce à qui l’aménagement du bâtiment que nous avions acheté s’est bien déroulé. Ils connaissaient très bien les besoins de nos futurs clients. »

Christophe : « Ils nous ont notamment indiqué où placer les divers espaces de bureaux et les meeting rooms. Nous nous sommes réunis entre 10 et 15 fois et avons reçu une pile de plans reprenant des indications sur les murs en gyproc, l’éclairage, l’aération, les parties vitrées, les finitions, etc., ce qui nous a permis d’avancer. Nous pouvions cependant toujours compter sur Frank et Saartje du Het Kantoor van Morgen pour les conseils nécessaires. »

Vous êtes mariés et lancez donc cette entreprise en couple. Est-ce un avantage ?

Christophe : « Cela ne me fait pas peur, car je connais Eline sur le bout des doigts. On se complète extraordinairement bien. Si j’étais patron, je l’embaucherais sur-le-champ ! (rires) Il y aura sans aucun doute quelques petits accrocs, mais nous en sortirons de toute façon grandis. »

Eline : « Le privé et le professionnel se mélangent, et cela me fait un peu peur. Nos conversations ne finiront-elles pas toutes par tourner autour de l’entreprise ? Nous avons chacun nos propres idées, on doit apprendre à mieux les communiquer et à faire des compromis de temps en temps… Cela ne pourra que rendre notre couple meilleur. »

Comment comptez-vous protéger Kohezie, mais également vous protéger vous et vos enfants ?

Eline : « L’achat de l’immeuble en soi offre déjà une certaine sécurité. Investir dans l’immobilier est toujours positif, certainement à long terme. Toutes les garanties reposent sur l’immeuble, ce qui protège notre vie privée. À côté de cela, Kohezie est une SA. Nous jouissons donc d’une responsabilité limitée pour une durée de 3 ans. De plus, je souscris une assurance revenu garanti supplémentaire, au cas où je tomberais malade pendant une longue période, ou en cas d’accident grave. Nous possédons également tous les deux une assurance vie, pour éviter que nos enfants ne doivent faire face à une dette monstre en cas de décès. Nous restons prudents : je ne me lance pas directement dans l’entreprise et continue à travailler en tant que consultante pour le moment. On se donne ainsi le temps de bien démarrer, tout en gardant un salaire fixe pour payer les factures courantes. »

 

FUTUR

Comment voyez-vous Kohezie dans deux bonnes années ?

Christophe : « Pour le moment, nous sommes en plein dans la phase de planification et de demande de devis. En avril 2020, nous passerons aux choses sérieuses. Ce sera de toute façon une série d’apprentissages et d’adaptations. Nous avons maintenant la tête remplie de questions qui, a priori, ne seront plus à l’ordre du jour quand nous serons prêts à démarrer. Nous nous concentrons pour l’instant sur un plan financier réaliste, avec un minimum de personnes. Nous nous sommes fixé un objectif précis, tant pour les escape rooms que pour les bureaux – mais pas pour les salles de conférences. En effet, nous ne les voyons pas directement comme des moyens de rendement, car nous voulons laisser un maximum de possibilités ouvertes : pourquoi ne pas en mettre gratuitement à disposition d’une ASBL pour faire une présentation, par exemple. »

Kohezie, est-ce votre but final ou avez-vous encore d’autres projets ?

Christophe : « Dans tous les cas, je suis toujours à la recherche de changement. Et Kohezie me comblera sans aucun doute à ce sujet : remplir le café, m’occuper des escape rooms, donner des conseils, etc. Cela me suffit, mais Eline voit déjà plus loin. »

Eline : « Si le concept fonctionne bien, après un certain temps, j’aimerais l’élargir. Et pourquoi ne pas déménager alors dans d’autres villes pour ouvrir d’autres Kohezie similaires. Ou encore, trouver d’autres moyens de s’agrandir. »

Christophe & Eline (soudainement animés) : « Enfin, ce ne sera pas avant 10 ans… Le gros avantage, c’est que nous pourrons, à terme, nous adresser à de grandes entreprises. Le problème de mobilité ne va que s’accroître. Des taxes kilométriques seront mises en places, le problème des embouteillages dans les villes ne va pas s’améliorer. Les entreprises s’ouvriront de plus en plus aux bureaux satellites. Les travailleurs habitant dans une telle ville pourront se rendre dans un Kohezie à Gand, Anvers, Bruxelles… pour y travailler. »

On continue à voir plus grand, alors ! Comment allez-vous faire pour trouver un équilibre sain entre le travail et la vie familiale ?

Christophe : « On s’applique déjà à protéger le temps passé avec les enfants. Être à l’heure pour les activités sportives, veiller à ce qu’il y ait toujours un repas sain et varié sur la table… c’est extrêmement important pour nous. Nos enfants ne doivent pas payer parce que nous avons décidé de nous consacrer entièrement à Kohezie. Nous attendons avec impatience nos prochaines vacances en Italie, où nous aurons, bien sûr, des conversations à propos de Kohezie, mais ce sera après une journée passée à la piscine avec les enfants… et avec un bon verre de vin ! »

Eline : « Pour le moment, il n’y a pas encore de frontière claire entre le travail et la vie privée parce que nous sommes occupés le soir et le week-end avec les plans pour Kohezie. Mais nous espérons que notre investissement actuel portera ses fruits plus tard, et qu’il nous sera alors plus facile de trouver un équilibre entre le travail et la vie privée. Et dans un avenir lointain ? Eh bien, si deux octogénaires enthousiastes continuent de travailler chez Kohezie, que la valeur du bâtiment est conservée et que cela nous permet de laisser un petit quelque chose à nos filles, le pari sera réussi ! »