Une page de ma vie : entreprendre en tant que père et expert en team-building.

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Funkey

Entreprendre en tant que père et expert en team-building.

Cobus Van Gheluwe (38 ans) est le cerveau derrière l’entreprise gantoise Funkey, une plateforme en ligne d’activités de team-building. Il est aussi le fier papa de deux enfants, Mon (7,5 ans) et Lucie (6 ans). Pour le moment, Cobus bénéficie d’une interruption de carrière à temps plein auprès du VDAB afin de poursuivre l’expansion de Funkey. Son grand projet : devenir un entrepreneur totalement indépendant et se consacrer pleinement au marché du team-building. « Funkey doit devenir la référence belge en matière d’activités de team-building. Nous voulons répondre le mieux possible aux souhaits de nos clients et surtout leur présenter des solutions concrètes. »

Les débuts

Quand avez-vous ressenti le besoin d’entreprendre et quand l’idée de Funkey est-elle née ?
Cobus (38 ans) : « En sortant de l’école, l’entrepreneuriat ne m’est pas tout de suite venu à l’esprit. J’ai simplement commencé à postuler pour des emplois salariés et j’ai rapidement rejoint le VDAB. J’ai continué d’y chercher ma voie et exercé plusieurs fonctions. Mais en réalité, je repensais beaucoup à mes études. Lors de ma formation en gestion du personnel (RH), j’ai dû présenter un travail sur le thème : “Le métier de mes rêves pour l’avenir”. Je me souviens qu’à l’époque, j’avais deux emplois en tête : devenir entrepreneur et lancer une agence de relations publiques. La deuxième option consistait à fonder ma propre agence d’événementiel, spécialisée dans le team-building. Dix ans plus tard, j’ai donc fini par exercer l’un des deux métiers de mes rêves, et ce, sans en avoir forcément toujours eu l’intention. »

Vous combinez donc actuellement votre emploi auprès du VDAB avec la gestion de Funkey ?
« Non, depuis février 2018, je suis en interruption de carrière à temps plein auprès du VDAB afin de me concentrer sur l’expansion de Funkey. J’ai cependant eu l’idée de lancer Funkey en travaillant à temps plein au VDAB. Petit à petit, j’ai commencé à créer la plateforme. Une fois que les affaires se sont lancées, j’ai décidé de travailler à mi-temps. Entre-temps, j’ai pris une partie de mon congé parental puis un crédit-soins pour mes deux enfants. Pendant cette période, j’ai eu le temps de réfléchir au concept de Funkey et j’ai pu entamer la conception de la plateforme. Officiellement, je suis encore employé par le VDAB, mais l’objectif est de me consacrer pleinement à Funkey. Je dois bien reconnaître que le fait que je sois fonctionnaire statutaire constitue un avantage pour franchir le pas vers l’entrepreneuriat indépendant. »

Ce titre de statutaire vous assure-t-il une certaine sécurité ?
« Il me permet en effet d’entreprendre de manière sûre et tranquille. Si Funkey devait être un échec, je peux, pour le moment, encore retrouver mon emploi et mon employeur d’origine. »

À l’époque, comment vous êtes-vous lancé ? Pouviez-vous compter sur l’aide d’intervenants extérieurs ?
« Je me suis lancé avec enthousiasme. J’ai commencé par faire beaucoup de recherches sur Google et par répertorier tous les partenaires de team-building potentiels. J’ai ainsi réuni quelque 800 adresses e-mail. Ensuite, je les ai tous contactés par e-mail et par téléphone pour leur demander de collaborer avec moi. Les personnes intéressées ont ensuite bénéficié de 6 mois pour tester notre collaboration gratuitement. Naturellement, mon expérience en matière de communication et de marketing au sein du VDAB m’a été très utile, surtout pour promouvoir la plateforme. Il y a un an, nous avons présenté notre candidature à Start it @KBC. Funkey a été sélectionné pour participer au programme. Nous avons ainsi pu bénéficier d’un bureau à Dok Noord (Gand), d’un mentorat, de plusieurs ateliers, etc. Ce fut une période intéressante, car elle a été riche en interactions avec d’autres start-up et nous a permis de partager des expériences. »

Avez-vous reçu de l’aide d’autres personnes, comme votre famille ?
« En tant que spécialiste des sciences commerciales, mon beau-frère a fait fonction de consultant. Il m’a donné son feed-back, m’a aidé à établir un plan financier et a cherché des partenariats avec moi. Pour le moment, nous n’avons contracté aucun prêt à la banque, car je peux compter sur le soutien financier de mon beau-père. L’aspect le plus difficile des débuts : trouver les premiers clients ! Nous avons beaucoup misé sur le marketing numérique, une démarche qui a porté ses fruits. Ensuite, notre nom s’est peu à peu fait connaître et le bouche-à-oreille a fait le reste... »

Aujourd'hui

Depuis, deux années ont passé. Il est peut-être encore tôt, mais avez-vous remarqué des changements, de nouvelles tendances dans le secteur ?
« Les concepts familiers restent populaires : les team-buildings basés sur des programmes télévisés, comme l’émission flamande De Mol ou encore Koh-Lanta et Fort Boyard. En outre, les activités de team-building avec une plus-value sociale sont de plus en plus en vogue. Il s’agit de team-buildings sociaux, où les activités présentent un lien avec l’environnement, l’écologie, les personnes handicapées, les réfugiés, etc. Les entreprises optent pour ce type d’activités pour que leurs collaborateurs intègrent les valeurs sociales qu’elles défendent. Les collaborateurs trouvent également important de travailler pour une entreprise avec une vision et un impact positifs sur les gens et la société. »

Vous travaillez dans un secteur comprenant de nombreux prestataires. En quoi Funkey se distingue-t-il des autres acteurs ?
« Nous proposons une offre très vaste. La clé réside dans la simplicité de notre moteur de recherche : les clients saisissent le nombre, le budget, le lieu et le type d’activité souhaité. Ils obtiennent ensuite une liste d’activités de team-building à la mesure de leurs envies. Ainsi, nous facilitons leur choix. D’une part, Funkey sert de plateforme comprenant diverses activités de team-building et, d’autre part, nous offrons un accompagnement et des conseils personnalisés. Pour les missions ou les projets plus importants, nous assurons nous-mêmes la coordination sur place. Nous nous occupons de tout : avant tout des activités de team-building, mais aussi du service traiteur, du transport et éventuellement du logement. Aujourd’hui, Funkey collabore avec quelque 120 partenaires, qui proposent plus de 270 activités de team-building. Lorsque nous recevons une demande de devis, nous envoyons une proposition sur mesure dans les 24 heures. »

Combien de personnes travaillent pour Funkey ?
« Depuis mars, j’emploie mon premier collaborateur fixe : Bastien Ronneau. Il m’aide à élaborer la stratégie commerciale. Pendant les périodes chargées (avril, mai et juin), nous engageons également trois stagiaires. De plus, nous collaborons avec quelques indépendants, notamment pour la conception graphique, le développement du site Web et le marketing. À terme, nous aimerions recruter un collaborateur pour le service commercial. Les candidatures sont ouvertes (rires) .»

L'avenir

Où voyez-vous Funkey d’ici 5 ans ?
« J’envisage tout étape par étape, mais mon objectif ultime est de devenir la référence belge en matière de team-building. Les gens et surtout les grandes entreprises, qui veulent organiser un team-building doivent automatiquement penser à Funkey. C’est le défi à relever pour les mois et les années à venir. En novembre, nous lancerons d’ailleurs notre nouveau site, disponible dans plusieurs langues, afin de toucher le marché bruxellois et wallon. Si tout se passe bien, nous pourrons éventuellement viser l’étranger. Mais cela implique de recommencer à chercher des partenaires. Nous le ferons peut-être via une entreprise étrangère qui travaille pour Funkey et se charge elle-même de l’expansion. »

Voilà des projets ambitieux ! L’entrepreneuriat est-il facile à combiner avec une vie de famille ?
« Au début, j’ai eu beaucoup de mal : ce choix était celui de l’incertitude. Je vivais dans une “cage dorée” avec beaucoup de congés, un bon salaire... Bref, la sécurité. Puis j’ai décidé de franchir le cap de l’entrepreneuriat indépendant, ce qui a entraîné une certaine angoisse. Mais après les premiers mois, quand j’ai remarqué que les affaires commençaient à tourner, cette angoisse s’est envolée. Avant, je devais me rendre à Bruxelles plusieurs jours par semaine. À présent, je travaille plus souvent de chez moi. J’ai donc plus de temps à consacrer à ma famille et je peux mieux gérer mon temps. De plus, j’allie souvent l’utile à l’agréable. J’ai par exemple récemment coordonné un événement dans les Ardennes. Nous en avons profité pour y passer le week-end avec toute la famille. »

Comment protégez-vous votre famille, votre entreprise et vous-même en cas de
soucis financiers ?
 
« Je ne m’en préoccupe pas trop pour le moment. Je ne pense pas à l’avenir trop lointain. En outre, je peux actuellement encore compter sur la pension et l’assurance hospitalisation du VDAB. Quand je deviendrai totalement indépendant, j’explorerai et réenvisagerai mes options : une pension complémentaire, des assurances et une protection pour ma famille et moi-même. Pour mon collaborateur, tout ceci est déjà réglé. Et en ce qui concerne ma pension, je pense que la question n’est de toute façon pas claire. Y aura-t-il encore assez d’argent d’ici 30 ans dans les fonds de pension ? Je pense qu’il est préférable d’agir soi-même pour plus tard et donc de mettre régulièrement un peu de côté. »

 

Quand considérerez-vous Funkey comme une réussite ?
« Dans l’idéal, j’aimerais poursuivre l’expansion de Funkey. Mais aussi pouvoir rassembler autour de moi une équipe de collaborateurs professionnels, capables d’assumer toutes les tâches opérationnelles. Je pourrais alors me concentrer sur le démarchage de nouveaux clients et le maintien des partenariats existants. Plus tard, mes enfants ne devront pas reprendre Funkey : ils doivent avant tout s’épanouir et travailler dans leurs domaines de prédilection. À l’heure actuelle, ils m’aident à distribuer des prospectus dans le quartier, mais je ne les pousse pas à suivre une certaine direction. Mon et Lucie aimeraient devenir respectivement archéologue et vétérinaire, des métiers très éloignés du secteur de l’événementiel(rires). »