Les périodes assimilées : de quoi s'agit-il et comptent-elles pour votre pension
Les périodes assimilées sèment souvent la confusion. Qu'advient-il de votre pension si vous tombez malade, si vous vous retrouvez au chômage ou si vous terminez votre carrière par un aménagement de fin de carrière ? La nouvelle réforme des pensions complique les règles du jeu, car les assimilations fonctionnent différemment selon le scénario. Dans cet article, vous découvrez, par type de période, ce à quoi vous pouvez vous attendre.

Que sont les périodes assimilées ?
Les périodes assimilées sont des périodes durant lesquelles vous ne travaillez pas, mais qui comptent malgré tout pour votre pension légale. Pensez à la maladie, au repos de maternité, au chômage, au crédit-temps, au service militaire ou à la grève. La condition est le plus souvent que vous ayez perçu une allocation de sécurité sociale durant cette période. Ces jours comptent pour deux choses : la durée de votre carrière (la fraction de carrière) et le montant de la pension, via un salaire fictif (un montant que le service des pensions attribue pour une période assimilée).
Sur quels points une période assimilée a-t-elle un impact ?
Chaque période assimilée peut avoir quatre conséquences distinctes pour votre pension.
- Tout d'abord, la condition classique pour la pension anticipée : à partir de 2027, vous avez besoin de 156 jours prestés ou assimilés par année de carrière.
- Ensuite, la nouvelle règle 60/42 : la pension anticipée dès 60 ans après 42 années de carrière de 234 jours effectivement prestés, pour laquelle les assimilations comptent de manière beaucoup plus stricte.
- Par ailleurs, le montant de la pension est calculé sur la base d’un salaire fictif, normal ou limité, avec, depuis la réforme, l’application d’un mécanisme de plafonnement.
- Enfin, les conditions pour le malus de pension, le nouveau bonus de pension et la pension minimum garantie.
Impact par type de période assimilée
L'aperçu ci-dessous concerne les salariés. Pour les indépendants et les fonctionnaires, des dérogations s'appliquent (voir plus loin).
Type de période | Pension anticipée classique (156 j) | Pension anticipée 60/42 (234 j) | Montant de la pension | Malus · Bonus · Pension minimum |
|---|---|---|---|---|
Repos de maternité | Pris en compte | Pris en compte | Salaire fictif normal | Pris en compte |
Chômage temporaire | Pris en compte | Pris en compte | Salaire fictif normal | Pris en compte |
Service militaire | Pris en compte | Pris en compte | Salaire fictif normal | Pris en compte |
Congé pour soins (parental, de naissance, palliatif, proche aidant, …) | Pris en compte | Pas pris en compte | Salaire fictif normal | Pris en compte |
Maladie | Pris en compte | Pas pris en compte | Salaire fictif normal | Pas pris en compte pour le bonus de pension |
Chômage classique | Pris en compte | Pas pris en compte | Salaire fictif limité + plafond selon l'année de naissance | Pas pris en compte |
RCC (prépension) | Pris en compte | Pas pris en compte | Salaire fictif limité + plafond selon l'année de naissance | Pas pris en compte |
Aménagement de fin de carrière (périodes d'inactivité) | Pris en compte | Pas pris en compte | Salaire fictif limité + plafond selon l'année de naissance | Pas pris en compte |
Le tableau ci-dessus est une représentation simplifiée. Vous trouverez les pourcentages et règles précis plus loin dans cet article. Pour votre situation personnelle, le mieux est de consulter le Service fédéral des Pensions (salariés et fonctionnaires) ou l'INASTI (indépendants), ou de discuter de votre dossier avec votre courtier.
Comment les périodes comptent-elles dans le montant de la pension ?
Pour les périodes d'inactivité, le Service fédéral des Pensions calcule avec un salaire fictif. Il en existe deux variantes. Avec la réforme s'applique en outre un plafond pour certaines périodes assimilées au cours de votre carrière.
Salaire fictif normal
Le salaire fictif normal est basé sur le salaire moyen de l'année précédente et est avantageux. La maladie, le repos de maternité, le chômage temporaire et le congé pour soins restent calculés sur ce salaire fictif normal.
Salaire fictif limité
Pour le chômage involontaire en deuxième période, un salaire fictif limité s'applique depuis 2012, lié au revenu minimum garanti. Depuis 2018, cela vaut aussi pour la troisième période de chômage involontaire et pour le RCC (anciennement la prépension). À partir de février 2025, le salaire fictif limité s'étend au chômage classique et aux périodes d'inactivité dans un aménagement de fin de carrière, pour les pensions qui prennent cours à partir de 2027. Si vous continuez à travailler dans un aménagement de fin de carrière jusqu'à l'âge légal de la pension, vous conservez le salaire fictif normal.
Mesure de plafonnement (cap) : de 40 % à 20 %
À partir de 2027, les périodes de chômage et d'aménagement de fin de carrière ne comptent plus que de manière limitée pour le calcul de votre pension. Cette limitation s'appelle un plafond (cap) : un plafond sur la part de ces périodes qui compte encore. Le maximum dépend de votre année de naissance : 100 % pour les personnes nées en 1960 ou avant, 40 % pour 1961 à 1964 inclus, puis 5 points de pourcentage de moins par année de naissance : 35 % en 1965, 30 % en 1966, 25 % en 1967 et 20 % pour les personnes nées en 1968 ou après. Concrètement : si vous êtes né(e) en 1968 ou après, 20 % au maximum de vos périodes de chômage et d'aménagement de fin de carrière comptent encore pour le calcul de votre pension, le reste non.
Que signifient les périodes assimilées pour le malus et le bonus de pension ?
Quelles périodes comptent pour éviter un malus de pension ?
Si vous prenez votre pension anticipée à partir de 2027, vous subissez un malus, sauf si vous pouvez justifier au moins 35 années de carrière de 156 jours prestés ou assimilés et 7 020 jours au total. La maladie, le chômage temporaire, le repos de maternité, le congé pour soins et le service militaire comptent. Le chômage classique, le RCC et les périodes d'inactivité dans un aménagement de fin de carrière ne comptent pas.
Constitution du nouveau bonus de pension
Si vous reportez votre pension au-delà de l'âge légal de la pension, vous pouvez, à partir du 1er janvier 2026, constituer un nouveau bonus de pension pour une pension qui prend cours en 2027 ou plus tard. La double condition de travail est identique à celle du malus, mais la liste des assimilations prises en compte est plus stricte. Les périodes de maladie et d'invalidité ne comptent pas ici. Le chômage classique, le RCC et les périodes d'inactivité dans un aménagement de fin de carrière restent exclus.
Que signifient les périodes assimilées pour la pension minimum garantie ?
Pour les personnes nées en 1970 ou après s'applique une condition de travail plus stricte : au moins 5 000 jours prestés ou assimilés. Jusqu'à présent, les jours de maladie ne comptaient que partiellement. À partir de 2026, les périodes d'absence pour raisons médicales sont entièrement assimilées à des jours prestés. Le chômage classique, le RCC et les périodes d'inactivité dans un aménagement de fin de carrière ne comptent pas non plus ici.
Qu'en est-il pour les fonctionnaires et les indépendants ?
Les fonctionnaires diffèrent fondamentalement des salariés. Ils relèvent du modèle dit du « sac à dos ». Le plafond de 20 % sur les interruptions de carrière existait déjà chez les fonctionnaires. À partir de 2027 s'ajoutent des limitations supplémentaires. Les périodes de fin de carrière, comme la disponibilité (un régime de fin de carrière pour les fonctionnaires), ne comptent plus que pour 24 mois au maximum. Les interruptions de carrière à partir de 2027 ne comptent plus, à l'exception du régime de fin de carrière de l'ONEM dès 60 ans et des congés thématiques (comme le congé parental, palliatif et pour proche aidant).
Pour les indépendants, les périodes assimilées fonctionnent un peu différemment. Le chômage, le RCC et les aménagements de fin de carrière n'existent pas dans le régime des indépendants. Le droit passerelle (une allocation lorsque vous devez cesser votre activité d'indépendant) compte bien, jusqu'à 4 trimestres au maximum. Les indépendants constituent leurs droits de pension via des trimestres pour lesquels des cotisations sociales ont été payées. Ainsi, 156 jours chez un salarié correspondent à 2 trimestres chez un indépendant.
L'impact des périodes assimilées est largement comparable à celui des salariés. Cela vaut tant pour les conditions de carrière pour la pension anticipée et le calcul du montant de votre pension que pour le bonus de pension, le malus de pension et la pension minimum garantie. Pour les montants concrets et les limites trimestrielles, consultez l'INASTI.
Que retenir ?
Le fait qu'une période assimilée compte réellement pour votre pension dépend de la question que vous posez. Un jour de maladie ne se comporte pas comme un jour de chômage ou un jour d'aménagement de fin de carrière. La nouvelle réforme des pensions renforce ces différences : des conditions plus strictes pour la pension anticipée, un nouveau plafond de 20 % et un malus de pension réduisent l'avantage des jours assimilés. Dans le même temps, les absences pour raisons médicales bénéficient, à partir de 2026, d'une meilleure assimilation pour la pension minimum.
Vous voulez savoir à quoi ressemble votre situation personnelle ? Consultez les données de votre carrière sur mypension.be ou discutez de votre situation avec votre courtier. Attention : l'impact de la réforme sur votre situation personnelle ne sera entièrement visible sur mypension.be qu'à l'été 2027.