La réforme des retraites oublie la solidarité entre les partenaires. Or, les décisions importantes sont souvent prises à deux. La prise en charge et l'éducation des enfants pèse souvent lourdement dans les familles où les deux partenaires travaillent à temps plein. Il est donc fréquent que l’un des deux réduise son temps de travail ou opte pour une carrière moins exigeante, afin de permettre à l’autre de se développer professionnellement. Ces choix sont partagés, mais les droits à la pension, eux, restent strictement individuels. En cas de divorce, cela conduit à une inégalité. Nous devons y veiller dans une société où un mariage sur trois se termine par un divorce et où d'autres formes de vie commune sont plus courantes que le mariage.
Une piste de solution, sans coût supplémentaire pour l’État, serait le partage de pension. En cas de rupture, celui-ci permet de répartir automatiquement et de manière égale les droits à pension accumulés pendant la relation, tant pour la pension légale que pour la pension complémentaire. Pour la pension complémentaire, un partage existe déjà aujourd’hui, mais uniquement dans certains cas sur la base du régime matrimonial. Il serait plus juste de mettre en place un dispositif applicable à tous les couples, qu’ils soient mariés ou en cohabitation.
Dans le même temps, la liberté de choix reste importante. C’est pourquoi nous proposons un système avec option de sortie. Les couples, nouveaux comme existants, y seraient automatiquement intégrés, tout en pouvant décider d’en sortir s’ils le souhaitent.
Le partage de pension assure un meilleur équilibre entre les partenaires. Le système est plus équitable, car il reconnaît que les décisions liées à la carrière et à la famille sont prises conjointement et évite qu’un des deux ne se retrouve avec une retraite moins élevée après le divorce.