Licenciement ! Quelle influence sur votre pension ?

Vous êtes licencié. Évidemment, c'est déjà un coup dur. Mais quelle influence cela aura-t-il sur votre pension ? Et y a-t-il eu des changements en la matière ?

Influence sur votre pension légale

Celui qui est licencié et qui ne retrouve pas immédiatement du travail, touche une allocation de chômage. Depuis 2012, on tient compte de trois périodes de chômage.  Au cours des première et deuxième périodes (resp. la première année et jusqu'à maximum trois ans, en fonction de certains facteurs (situation, travail, etc.), rien ne change pour la pension. Pour le calcul de la pension, on part du principe que le salaire antérieur continue à être perçu : c'est ce qu'on appelle le salaire fictif normal. Pour la troisième période de chômage (chômage de longue durée, c'est-à-dire après max. 4 ans), on tient dorénavant compte pour la pension du salaire fictif limité (pour 2016 : 23.374,55 euros). Pour plus de détails, nous renvoyons à nos anciens articles (Réforme des périodes assimilées et Que sont les périodes assimilées ?) ou à des sites Internet tels que celui du  Service Fédéral des Pensions.

Influence sur votre pension complémentaire 

Un licenciement aura un impact plus grand sur votre pension complémentaire. Pour cette raison, il est recommandé de bien réfléchir avant de prendre une décision en la matière. Il existe différentes possibilités.

  • L'épargne que vous avez accumulée (les réserves constituées), vous pouvez la laisser auprès de l'institution de retraite de votre précédent employeur. Celui-ci ne versera évidemment plus de primes, mais il doit garantir un certain rendement jusqu'à l'échéance du contrat. Ceci peut être intéressant, surtout pour des contrats plus anciens, parce que ceux-ci offrent souvent encore des rendements élevés. Faites quand même attention de ne pas perdre l'assurance-décès prévue dans le contrat.
  • Une deuxième possibilité consiste à transférer les réserves constituées à la structure d'accueil de l'institution de retraite de votre ancien employeur. Ceci nécessite une petite explication : une telle structure d'accueil est un portefeuille à part d'un assureur où sont rassemblés tous les contrats pour lesquels on ne verse plus de prime, comme c'est le cas pour le vôtre. Cela peut être intéressant au cas où, comme mentionné ci-dessus, vous perdriez l'assurance-décès. Le capital que vous touchez à 65 ans est cependant dans ce cas plus faible.
  • Vous pouvez également transférer les réserves constituées vers l'institution de pension de votre nouvel employeur. Dans ce cas, les engagements contractuels de l'assureur de votre ancien employeur expireront, et dans la situation actuelle, vous risquez de perdre du rendement dans ce type de transfert.
  • La quatrième possibilité consiste à transférer les réserves constituées à une institution de retraite spéciale. Integrale en est un exemple. Une telle compagnie d'assurances partage les bénéfices entre les membres affiliés, ce qui peut donner un rendement un peu plus élevé. Cette option est intéressante pour les plus de 60 ans, parce que certaines compagnies d'assurances n'accordent plus d'intérêts après cet âge.
  • Depuis le 1er janvier de cette année, il est également possible de laisser les réserves constituées auprès de l'institution de retraite de votre ancien employeur, avec maintien d'une assurance-décès égale au montant des réserves constituées.

Un licenciement peut évidemment aussi avoir une grande influence sur les autres piliers du système des pensions. Celui qui dispose de moins de moyens à cause du chômage, aura moins la possibilité de faire de l'épargne-pension, et il disposera également de moins d'argent pour épargner et investir (sans avantage fiscal). Et en ce qui concerne sa propre habitation, on ne peut qu'espérer que celle-ci est déjà payée ou qu'on est en état de continuer à rembourser.