Conseils pour les étudiants-entrepreneurs futurs

Depuis l'entrée en vigueur du nouveau statut d'étudiant-entrepreneur début 2017, la combinaison études-entrepreneuriat n'a cessé de gagner en popularité. Le soutien de l'Unizo (Union néerlandophone des entrepreneurs indépendants) et des universités dans le passage à l'entrepreneuriat a également un effet stimulant.

 

bbm_521518875_20.jpg
Dans cet article

    De qui s’agit-il ?

    Les étudiants-entrepreneurs sont des jeunes âgés de 18 à 25 ans qui exercent une activité indépendante tout en étudiant dans un établissement d'enseignement en Belgique ou à l'étranger en vue d’obtenir un diplôme reconnu par une autorité compétente en Belgique.[1] Pour pouvoir prétendre au statut d’étudiant-entrepreneur, ils doivent transmettre une déclaration à la caisse d’assurances socialesauprès de laquelle ils sont inscrits en tant qu'indépendants, attestant qu'ils suivent régulièrement les cours. Fin juin 2018, on en dénombrait 6 163 auprès de l'Institut national d'assurances sociales pour travailleurs indépendants.

    Merci à l’Unizo 

    Ce succès est probablement lié au nouveau statut entré en vigueur le 1er janvier 2017 sur la base d'une proposition de l'Unizo (Union néerlandophone des entrepreneurs indépendants). À compter de cette date, l'étudiant-indépendant n’a plus été considéré comme un travailleur indépendant à titre complémentaire, et un nouveau régime de cotisations sociales avantageux a vu le jour. Depuis lors, l'étudiant-entrepreneur est titulaire de ses propres allocations de santé lorsque ses revenus dépassent 6 775,25 euros. S'il gagne moins, il ne paie pas de cotisations sociales et reste à la charge de ses parents. Pour ce qui est des cotisations sociales dues, l'étudiant-entrepreneur paie 20,05% jusqu’à 13 550,50 euros ; au-delà de ce plafond de revenus, il débourse autant qu'un indépendant à titre principal. [2]

    Allocations familiales

    Les étudiants-entrepreneurs peuvent également maintenir leur droit aux allocations familiales dans la mesure où leur activité professionnelle reste limitée. En d'autres termes, ils ne peuvent prester que 240 heures aux premier, deuxième et quatrième trimestres, alors qu'au troisième trimestre un nombre illimité d'heures est autorisé.

    Succès

    Afin de motiver les jeunes entrepreneurs, l’Unizo élit tous les ans l'étudiant-entrepreneur de l'année. En 2018, c’est l’entreprise gantoise Boogoo qui a décroché le prix, avec ses glaces cocktails aromatisées d’une légère touche d'alcool. 

    Pieter Steger (24 ans), dernière année de master en sciences commerciales à la KULeuven et gérant de SDS – Steger Digital Services, illustre qu’études et entrepreneuriat s’accordent parfaitement : « Je m'intéressais depuis longtemps au secteur numérique et je voulais compléter les connaissances universitaires purement théoriques d’une expérience pratique. Après une analyse des coûts, j'ai recherché par l’intermédiaire de ma famille et d’amis des entreprises avec lesquelles je pouvais travailler, et tout s'est très bien passé. Je recommande vivement à tout le monde de se lancer dans l’entrepreneuriat, car on en apprend plus en un an qu’en quatre années d’études. »

    Comment se lancer ?

    Comment donc démarrer sa propre entreprise ? De nombreux sites Web sont à disposition. Vous trouverez ici et ici des informations utiles sur les obligations légales, les cotisations sociales, les conséquences fiscales et vos droits. Les différentes universités donnent également un coup de pouce aux étudiants-entrepreneurs en leur proposant un encadrement personnalisé au niveau académique ainsi qu’un suivi de leur projet professionnel. L’Université de Liège, par exemple, propose le service Qualité de vie des étudiants - Étudiants sportifs, artistes, entrepreneurs, qui permet aux sportifs de haut niveau, aux artistes professionnels et aux étudiants désireux de créer leur entreprise de concilier au mieux leur projet et leurs études. A l’ULB, un Start Lab a été créé, dédié à tous les étudiants-entrepreneurs de la Région de Bruxelles-Capitale. 

    Bonne idée 

    En plus d'avoir une bonne idée, il est important d’oser tout simplement se lancer. Dites-vous bien que l'entrepreneuriat est un risque et exigera beaucoup de votre temps. Le conseil de Pieter Stegers : « Surtout, faites-vous aider pour être fiscalement en règle par rapport à toutes les obligations administratives (déclaration de TVA, etc.) et pour ne rien omettre. Informez-vous suffisamment et faites appel à votre réseau ou à d'autres entrepreneurs. Un dernier conseil : veillez à consulter les données et chiffres les plus récents lorsque vous recherchez des informations en ligne. »

    Bien assuré

    En tant qu'étudiant-entrepreneur, vous êtes tenu de souscrire une assurance responsabilité professionnelle, qui couvre les suites d’un préjudice que vous causez involontairement à un client. Si vous êtes propriétaire de votre immeuble en tant qu'étudiant-entrepreneur, une police d'assurance incendie couvrant les dommages dus au feu, à la tempête, les dégâts des eaux et le vandalisme est indispensable. Vous pouvez également assortir cette assurance d’une assurance contenu ou d’une couverture contre le vol.

    En outre, il existe une série d’autres assurances non obligatoires, telles qu'une assurance qui rembourse la totalité ou une partie de vos frais d'hospitalisation (assurance hospitalisation) ou une couverture responsabilité civile. Cette dernière est utile au cas où vous causeriez un préjudice involontaire à un tiers. Attention, il ne s'agit en l’occurrence pas d'un client. 

    Xanthe Blankert-Scheenjes, Senior Segment Marketing Expert, déclare : « Si vous savez déjà que vous resterez indépendant à titre principal à l’issue de vos études, vous pouvez d’emblée constituer une épargne-pension. À terme, vous pourrez combiner celle-ci avec la Pension Libre Complémentaire pour Indépendants (PLCI), intéressante sur le plan fiscal, ou avec l’Engagement Individuel de Pension (EIP) pour les sociétés. Renseignez-vous à temps auprès de votre courtier en assurance pour connaître les possibilités et distinguer les utiles des moins utiles pour vous. Il se fera un plaisir de vous aider. »

    [1] Il faut être inscrit au minimum pour 27 crédits ou 17 heures de cours par semaine et s’engager à suivre régulièrement les cours.

    [2] Ces chiffres se réfèrent à 2018

    Partagez cet article