À combien ma pension d'indépendant s'élèvera-t-elle ?

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Maintenant que les baby-boomers arrivent en grand nombre à l'âge de la pension, de plus en plus de gens se posent des questions concernant leur future pension. Comment de moins en moins d'actifs pourront-ils produire assez de richesses pour alimenter les pensions d'un nombre toujours croissant d'inactifs ou - plus exactement - d'ex-actifs ?

Trois facteurs

Le montant que l'on touche comme pension légale dépend en grandes lignes de trois facteurs principaux. Premièrement, la durée de la carrière. Plus longtemps on a travaillé, plus on touchera. C'est assez logique. Deuxièmement, combien on a gagné : plus on a gagné d'argent durant sa carrière – c'est-à-dire, plus on a contribué au système – plus on en récupère. C'est également logique. Le troisième facteur trahit cependant une injustice du système : le montant de la pension légale dépend également du statut sous lequel on a travaillé. Il est bien plus intéressant d'avoir été fonctionnaire que salarié du secteur privé, et ces deux statuts sont bien plus avantageux que celui d'indépendant.

Pour les indépendants

Il n'est donc pas facile d'établir une comparaison entre les pensions de personnes de différents secteurs, mais il n'est également pas facile – à cause des deux premiers facteurs mentionnés – de donner un chiffre exact pour la pension "moyenne" d'un indépendant. Les dernières années ont cependant connu une grande amélioration de la pension des indépendants. Depuis fin 2014, la pension minimum pour un indépendant (isolé) a augmenté de 150 € par mois et s’élève, depuis septembre 2017, à 1.212,45 EUR. Ceci n’est cependant le cas que pour celui qui a une carrière complète de 45 années. Celui ou celle qui n’a pas une carrière complète, aura donc une pension (bien) plus réduite. Au sein même des indépendants, il existe également de grandes différences, dues aux deux premiers facteurs que nous avons mentionnés : souvent, les femmes – même avec le statut d'indépendant – gagnent moins que les hommes et, très souvent, elles ont également une carrière plus courte. 

Comment y remédier ?

Un indépendant ne peut donc compter que sur lui-même pour rendre sa pension vivable. Comme il ne peut pas compter sur le premier pilier du système des pensions, il peut – ou plutôt, il doit – compter sur les trois autres piliers. Le deuxième pilier, la pension complémentaire, regroupe tous les règlements de pension extra-légaux provenant de l'activité professionnelle. Les versements pour cette constitution de pension bénéficient d'un traitement fiscal intéressant. Pour les salariés, il s'agit par exemple de l'assurance de groupe. Pour les indépendants, il y a la pension libre complémentaire pour indépendants (PLCI), et pour les chefs d'entreprise indépendants, également l'engagement individuel de pension (EIP). Depuis peu, il existe également une Convention de Pension pour Travailleurs Indépendants (CPTI). Celle-ci permet aux indépendants qui ne travaillent pas en société et qui n’avaient par conséquent pas droit à l'engagement individuel de pension (EIP), de verser des cotisations dans une telle convention, en plus de leurs versements dans une PLCI classique. 

Le troisième pilier peut aussi être intéressant pour les indépendants: il s'agit de l'épargne-pension et des assurances-vie. Ces deux formes d'épargne sont également fiscalement intéressantes. Et n'oublions pas ce qui est souvent appelé le quatrième pilier: la fortune personnelle. Celle-ci est particulièrement importante pour un indépendant. Nous parlons ici de l'épargne personnelle et des placements : comptes épargne, obligations, actions, etc. Mais il ne faut même pas aller voir si loin: être simplement propriétaire de sa propre maison offre déjà une certaine sécurité, lorsque l'on sait que l'on ne touchera pas une pension importante...

Il est donc clair que la situation de l'indépendant est loin d'être brillante. Il existe pourtant quelques moyens de la rendre plus vivable.